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PARTICIPATION CITOYENNE, LA COMMUNE DE MBANKOMO SE PROJETTE DANS LA MAIRIE DE DEMAIN

À l’heure où le téléphone portable est devenu, pour beaucoup, le premier bureau d’information, la Commune de Mbankomo veut faire du numérique davantage qu’un outil de communication; un véritable espace de dialogue entre la mairie et sa population. C’est tout l’enjeu de sa participation à l’atelier national sur la participation citoyenne et la redevabilité locale, organisé à Douala du 30 septembre au 2 octobre 2026.

Il y a quelque chose de profondément nouveau derrière un écran de téléphone. Une question posée à la mairie. Une information recherchée. Un budget consulté. Une préoccupation signalée depuis un village. Quelques clics peuvent désormais rapprocher un citoyen de sa collectivité. C’est cette nouvelle relation entre le citoyen et sa commune qui était au cœur des échanges, du 30 septembre au 2 octobre 2026, à l’Hôtel La Falaise de Bonanjo, à Douala. Pendant trois jours, administrations, communes, comités de quartier et de village, partenaires techniques et financiers et représentants de la société civile ont réfléchi à une même question. Comment utiliser le numérique pour rendre la gouvernance locale plus ouverte, plus transparente et plus proche des populations ?

Au milieu de cette réflexion nationale, Mbankomo n’est pas venue en spectatrice. 

LE PARI D'UNE COMMUNE

La particularité de la délégation mbankomoise dit déjà beaucoup de l’ambition portée. La Commune était en effet la seule à être représentée à la fois par son Maire Pierre Junior FOUDA FOUDA représenté par son Chef Cellule Communication Coopération et Partenariat Local et par le comité de l’un de ses villages, Mbadoumou représenté par son Coordinateur KANA Maurice Eric. Deux niveaux de la collectivité, une même table de discussion;  celle où se dessine progressivement la gouvernance locale de demain.

Cette présence avait un sens. L’objectif de l’atelier était de partir des réalités des collectivités territoriales décentralisées, de regarder ce qui existe déjà, d’identifier ce qui fonctionne, ce qui manque et surtout ce qui peut être adapté aux réalités du terrain. Derrière les grands mots tels que digitalisation, open data, interopérabilité,  un constat très simple saute à l'oeil; un citoyen ne peut participer que s’il est informé et qu’il dispose d’un moyen de faire entendre sa voix.

DU WHATSAPP AU BUDGET CITOYEN

Les échanges ont ainsi mis sur la table des expériences déjà développées dans plusieurs collectivités  (consultations citoyennes, débats d’orientation budgétaire, comités de quartier ou de village, groupes WhatsApp et plateformes web). Mais ils ont également révélé l’ampleur du chemin à parcourir. Selon les constats présentés pendant l’atelier, la participation citoyenne ne serait encore mise en œuvre qu’à environ 9 % au Cameroun.

D’où une exigence. Ne pas concevoir des outils numériques pour le plaisir de la technologie. Ils devront être simples, accessibles et capables de fonctionner même là où la connexion demeure fragile. SMS, relais de proximité, solutions hors connexion. Le numérique devra aussi parler aux territoires les moins connectés. L’ambition est donc plus large. Elle touche au cœur de la relation entre les CTD's et ses administrés. Informer, consulter, rendre compte et répondre.

UNE FEUILLE DE ROUTE JUSQU’EN 2035

Au terme des travaux, une proposition de feuille de route nationale articulée autour de 17 actions a été élaborée. Elle dessine une trajectoire allant de la préparation et de la conception des outils, à leur expérimentation puis à leur généralisation progressive dans les collectivités territoriales. Parmi les perspectives figure notamment la sélection de 10 à 15 communes pilotes, dont des communes rurales et enclavées, pour concevoir et tester un prototype multicanal de participation citoyenne. La formation des élus et des agents, l’intégration du numérique dans la planification et les consultations ainsi que la publication en ligne des budgets et comptes administratifs font également partie des orientations proposées.

Mbankomo pourrait être de cette première expérience. Le rapport de mission recommande en effet que la Commune adresse au MINDDEVEL une candidature pour devenir collectivité pilote. Il préconise également la désignation d’un point focal numérique, le renforcement de la publication des informations budgétaires et l’intensification des contacts avec les partenaires techniques et financiers rencontrés à Douala.

MBANKOMO REGARDE DÉJÀ PLUS LOIN

Cette perspective ouvre un chantier nouveau pour la Commune. Elle suppose des moyens, des compétences, une connectivité suffisante et, surtout, une organisation capable de faire vivre les outils dans la durée. Le rapport identifie d’ailleurs clairement ces défis, notamment la faiblesse des capacités humaines et de la connectivité dans certains villages ainsi que la possible contrepartie financière attendue des communes pilotes.

Mais l’enjeu dépasse largement la technologie. Il s’agit de construire une administration locale qui sait écouter ses populations. Une Mairie qui explique. Qui crée des espaces pour recueillir les attentes. Une collectivité qui considère finalement le numérique comme un pont et non comme une vitrine.

La Commune de Mbankomo a pris part à Douala, à une réflexion appelée à transformer, progressivement, la manière dont les collectivités et les populations peuvent se parler. La feuille de route proposée devra encore être validée par le MINDDEVEL et son financement reste à consolider. Rien n’est donc encore joué. Mais une chose est déjà engagée. La volonté de ne pas attendre que la gouvernance locale de demain arrive pour s’y préparer. Le prochain grand rendez-vous de la décentralisation pourrait ainsi ne plus seulement se tenir dans une salle de conseil. Il pourrait aussi commencer dans la poche de chaque citoyen, sur l’écran de son téléphone.

Robert Bertrand DZOU


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